PIB, Budget, Dépenses : Une mise au point.
Author: Jean-Claude Muller, Executive Editor at BtoBioInnovation jcm9144@gmail.com
SPECIAL REPORT 25.2
PIB, Budget, Dépenses : Une mise au point.
Depuis plusieurs semaines les Français entendent parler de vote du budget de l’Etat sans trop savoir ce que ce terme englobe et en réalité sans trop s’en préoccuper outre mesure sauf s’ils entendent augmentation des impôts.
Plus largement, la grande majorité des Français sont assez ignares de ce qui constitue l’économie de leur pays et comment recettes et dépenses s’articulent l’une dans l’autre. Il n’est guère possible de parler d’économie sans citer des chiffres et souvent des chiffres qui n’ont pas de réalité tangible pour la plupart de nos concitoyens. Ce qu’ils retiennent c’est que le pays est endetté comme jamais et que le cumul de la dette s’élève, fin 2024, à plus de 3 250 milliards d’euros soit 117% du PIB. De manière pragmatique chaque Français a, à ce jour, une dette cumulée de 48 760 euros alors qu’il ne génère que 38 775 euros de PIB par an. Imaginons un instant l’impact d’une telle dette s’il s’agissait de nos comptes personnels.
Le PIB (produit intérieur brut) qui constitue la richesse générée par les Français s’est élevé, en 2023, à 2 800 milliards d’euros. En un mot la dette cumulée actuelle de la France est supérieure de 10% à la richesse créée au cours d’une année. Cette dette abyssale est détenue à 53% par des non-résidents français qui, selon le moment, vont exiger un intérêt qui, en 2024 a été de 3,19% (OAT) et qui augmente ou diminue selon la notation des agences indépendantes qui notent la France. Pendant les dernières années la différence (spread) entre l’Allemagne et la France était très faible. Elle est à présent de 0,8% et elle croît toujours. Lorsque la France emprunte sur les marchés obligataires elle devra payer 0,8% de plus d’intérêts que l’Allemagne.
Avant de rentrer dans le détail de certains chiffres ou de dépenses, il faut se rappeler que depuis des décennies, selon l’économiste Jérôme Fourquet, le modèle économique français est un modèle STATO-CONSUMERISTE hypertrophié, où la primauté est donnée au pouvoir d’achat, donc au consommateur, au détriment de l’appareil productif. Autrement dit, contrairement à d’autres grands pays, l’Etat Français cherche à réguler l’économie par toutes sortes de mesures plus ou moins populaires, annoncées ou non lors de campagnes électorales. Le régime dit des retraites est actuellement celui qui suscite le plus de débats.
Il est primordial de bien comprendre que revenus et patrimoines sont deux composantes de l’économie mais qu’elles sont très différentes et néanmoins liées.
Le revenu des ménages et des entreprises est un flux, qui se produit et se consomme tout au long de l’année. Une première notion importante pour tous nos concitoyens est de comprendre que c’est l’augmentation du revenu et non pas les subsides ou les allocations de l’Etat qui permet une augmentation du pouvoir d’achat.
La partie épargnée de chaque revenu disponible (environ 300 milliards par an pour les ménages français) vient année après année s’ajouter au patrimoine de chacun et devient de facto un stock qui s’incrémente ou diminue d’une année sur l’autre. Selon le rapport Alliance Wealth du 24 septembre 2024, l’actif moyen de chaque habitant français est de 214 990 euros, ce qui en cumulé représente la somme colossale de 14 400 milliards soit plus de cinq fois le PIB de 2023.
La particularité française de cette épargne est double :
- Primo : 85% de l’épargne des ménages est investi dans de l’immobilier et dans les assurances (livrets A, dépôts en banque et assurances-vie). Cette épargne a progressé de 60% entre 2009 et 2023 en grande partie due à la période du Covid, à la forte valorisation du secteur immobilier et à des taux bancaires inhabituellement élevés. Cette orientation est tout à fait compréhensible lorsque l’on se rappelle que, sur cinquante ans, le prix de l’immobilier a augmenté sept plus vite que le revenu moyen des salariés français.
- Secundo le patrimoine des ménages se développe plus vite que les fonds propres des entreprises. Le patrimoine français n’est orienté qu’à 15% vers les entreprises au travers d’achats d’actions et de gestions de PEA. L’investissement dit productif est clairement insuffisant et le secteur productif est en sous-investissement chronique ce qui explique partiellement ses performances médiocres en termes de croissance du PIB et indirectement du pouvoir d’achat. Les 10% des Français les plus riches détiennent 90% du patrimoine productif qui n’est pas déjà aux mains de non-résidents. Selon la Banque de France, au 31 décembre 2024, 18 des 35 sociétés françaises du CAC 40 étaient détenues par des non‑résidents à plus de 50%, Ce sont ces acteurs qui soutiennent l’économie française et non pas l’Etat qui lève impôts sur la production et TVA sur les transctions faites sur le territoire.
Le budget de l’Etat.
Il s’agit en réalité de deux budgets très différents et qui font l’objet de deux votes au Parlement. Le budget de fonctionnement qui s’élève à environ 300 milliards d’euros (données qui seront précisées lors du vote de février) auquel il faut rajouter le budget des affaires sociales à hauteur de 450 milliards.
Le budget de l’Etat sert à faire fonctionner les services publics, ses ministères, ses « 1 000 agences » et à rémunérer les 5,70 millions de fonctionnaires et d’agents qui travaillent dans la fonction publique. Ses recettes viennent en grande majorité du prélèvement des impôts et des taxes. Depuis près de cinquante ans, chaque année, les gouvernements successifs ont présenté un budget de l’Etat qui est déficitaire et qui est, soit voté par le Parlement, soit est imposé par l’utilisation de l’article 49-3. Le déficit budgétaire présenté en février 2025 sera d’environ 5,5% du PIB soit la somme de 16 milliards de dette supplémentaire
Le budget des affaires sociales "retrace les opérations de transferts qui, en dehors de la rémunération directe du travail, tendent à améliorer la condition des membres de la communauté nationale…" comprend les dépenses des retraites (220 milliards) de la santé (135 milliards), de l’aide à la famille (40 milliards) et des accidents et des maladies professionnelles (10 milliards). Ce budget, alimenté par des cotisations sociales prélevées par l’Etat, devrait naturellement être à l’équilibre mais est également systématiquement en déficit et engendre une dette conséquente due en grande partie au manque de provisionnement du financement des retraites des fonctionnaires (environ 50 milliards par an). Selon un rapport de la Banque LCL, la dette publique générée en 2023 était de 154 milliards, soit 5,5% du PIB, dont un tiers pour le seul déficit chronique du financement des retraites des fonctionnaires. Pour l’année 2023, l’intérêt de cette augmentation de la dette était de 5 milliards.
L’analyse très factuelle de ces chiffres et données démontre que c’est à l’Etat et aux Collectivités Territoriales :
- d’apprendre à mieux gérer leurs budgets respectifs en équilibrant harmonieusement, comme savent le faire d’autres pays et la grande majorité des ménages français, les recettes et les dépenses,
- d’arrêter le « mal français » qui consiste à distribuer de la richesse avant de l’avoir créée,
- de flécher certains investissements des Français dans l’appareil productif, de ne pas uniquement favoriser celui vers le secteur immobilier et en éduquant nos concitoyens à aimer les « usines autant que la pierre »,
- de réduire les pressions fiscales sur l’outil de production qui indirectement affaiblit l’économie nationale en la rendant moins compétitive et qui diminue le pouvoir d’achat de ceux qui produisent la richesse.
Paris, le 15 Janvier 2025.
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